Depuis 2017, l'École Arménienne de Lausanne ARARAT réunit chaque dimanche après-midi
les enfants de la communauté arménienne de Suisse romande. Nos élèves
y apprennent à lire et à écrire dans l'alphabet créé par Mesrop Mashtots
en 405 — un trésor de trente-neuf lettres qui a porté une langue à travers
seize siècles d'exil, de massacre et de renaissance.
Nous ne sommes pas une institution. Nous sommes une promesse tenue :
que les petits-enfants de ceux qui ont survécu connaîtront encore
les chants de leurs grands-mères, l'odeur du lavash chaud,
et le poids juste du mot հայրենիք — patrie.
— Le comité pédagogique
L'enseignement se fait en arménien occidental, langue inscrite à
l'UNESCO comme patrimoine immatériel en danger. Les classes,
volontairement petites, mêlent enfants débutants et confirmés
dans la tradition de la varjaran — l'école villageoise
d'autrefois, où l'on apprenait autant par l'oreille et par le
geste que par le livre.
Au-delà de la langue, on y danse le Kochari, on y récite
Sayat-Nova, on y peint les enluminures d'Aghtamar. La culture
n'est pas une matière. C'est l'air que respirent les enfants
pendant deux heures, chaque semaine, depuis huit ans.